Un jour, une réalisation : Dijonval à Sedan

Posté le 05/10/2015, dans Actualités, Références
Dijonval - Sedan - Réhabilitation - Histoire et PAtrimoine

La mission fondamentale d’Histoire & Patrimoine à travers ses réalisations est de préserver l’identité des centres-villes anciens, de leur redonner vie en réhabilitant et modernisant des bâtiments anciens ayant subi les outrages du temps ou encore laissés à l’abandon.

Lionel Dubois, architecte en chef des Monuments Historique, fut en charge de de la réhabilitation du Dijonval, ancienne manufacture royale à Sedan.

L’histoire est un point commun dans toutes nos réalisations, quelle est celle de ce bâtiment ?

Sedan conserve de son passé militaire et industriel un patrimoine architectural remarquable : château fort, hôtels particuliers du XVIIe et XVIIIe ainsi que des manufactures. Ces richesses malmenées par le temps méritaient de retrouver un nouvel éclat. Aussi, en 1966 la ville entame la rénovation de son centre ancien et réhabilite un certain nombre de logements. En 2000, ces efforts sont couronnés et Sedan devient Ville d’Art et Histoire.

Le Dijonval est un bijou architectural du XVIIIe siècle et vestige de ce que furent les palais-usines fondés sur des privilèges royaux. En 1646, le Roi donne l’autorisation à trois marchands parisiens de fabriquer des draps selon la pratique hollandaise. C’est la naissance de la manufacture royale du Dijonval. Cette éblouissante aventure drapière ne prendra fin qu’en 1960.

Le bâtiment présente de nombreux détails, pouvez-vous nous en parler ?

En effet, de nombreux détails témoignent du savoir-faire des sculpteurs sedanais comme le campanile qui abritait l’horloge et la cloche : deux éléments essentiels destinés à rythmer le travail de la manufacture. On remarque aussi, gravées sur la façade du corps central datant de 1755, les armoiries royales, qui rappellent le privilège accordé par le Roi.

Pouvez-vous nous décrire le bâtiment ?

Deux ailes en quart de cercle prolongent le corps central. Le plan de ces ailes a suscité bien des interrogations mais il semble avoir été imposé par le raccord à établir avec la partie industrielle du XVIIe qui existait encore en 1755.
Dans leur prolongement, deux autres bâtiments construits en 1778, enveloppent la cour. D’un aspect sévère et fonctionnel, ils préfigurent déjà les bâtiments industriels du XIXe.

Au fond de la cour, il y avait autrefois le logis du directeur appelé « donjon ». Construite en 1804, cette grande maison est caractérisée par un nombre important de pilastres. Les ouvriers y étaient admis « pour s’y forger une moralité ». Ce logis a été détruit lors d’un incendie en 1870. Émile Zola y fait allusion dans son roman La Débâcle qui se déroule en partie à Sedan.

Et finalement, quel avenir pour le Dijonval ?

Suite à l’arrêt de la production dans les années 60, le bâtiment est devenu propriété de la Ville. Un programme de réhabilitation financé par l’État, la municipalité et la région est mis en place dans les années 80. Le CREPI (Comité pour la réhabilitation et étude du patrimoine industriel) décide de sortir de l’oubli cette manufacture unique en France.

Le Dijonval a suscité plusieurs projets : académie des arts de la table, centre national des cartes grises, musée des arts forains ou encore centre des archives du monde du travail. Au final, ce patrimoine a été réhabilité en 52 appartements, retrouvant sa majesté d’antan grâce à une rénovation d’une grande qualité.